Apprendre n’est pas un don. C’est une compétence.
- Ines Sellami

- il y a 2 jours
- 3 min de lecture

On entend souvent : « Il/elle est doué(e) pour apprendre » ou « Moi, je n’ai jamais été bon(ne) à l’école ». Ces croyances sont profondément ancrées et pourtant, elles sont trompeuses.
Les recherches en psychologie cognitive et en neurosciences sont claires : apprendre n’est pas une capacité fixe, mais une compétence qui peut se développer avec les bonnes stratégies. Ce n’est pas qui tu es qui détermine ta capacité à apprendre, mais comment tu apprends.
Voici pourquoi certaines stratégies sont particulièrement efficaces.
1. Apprendre ≠ relire
Relire ses cours est rassurant. On reconnaît les phrases, on a l’impression de comprendre. Mais cette reconnaissance est passive : le cerveau ne fait pas l’effort de rappeler l’information.
À l’inverse, se poser des questions, expliquer à voix haute ou se tester oblige le cerveau à récupérer l’information depuis la mémoire. Cet effort de rappel renforce durablement les apprentissages.
Ce n’est pas la facilité qui fait apprendre, c’est l’effort cognitif.
2. Le cerveau aime les petites doses
L’attention humaine est limitée. Après 20 à 30 minutes, la concentration diminue fortement. Forcer au-delà augmente la fatigue, pas l’efficacité.
Des sessions courtes et ciblées respectent le fonctionnement naturel du cerveau et permettent un meilleur encodage de l’information. La régularité vaut plus que l’endurance.
3. La répétition espacée est clé
Apprendre “tout d’un coup” fonctionne à court terme… puis disparaît rapidement. En revanche, revoir une information à différents moments oblige le cerveau à faire un effort de récupération répété.
C’est cet effort qui consolide la mémoire à long terme. Apprendre, c’est accepter d’oublier un peu pour mieux se souvenir ensuite.
4. Écrire aide à penser
Écrire à la main ralentit le rythme et oblige à trier l’essentiel. On ne peut pas tout noter : il faut comprendre, reformuler, organiser.
Copier mot à mot donne une illusion de travail, mais peu de compréhension. Reformuler, en revanche, est déjà un acte d’apprentissage.
5. Faire des liens donne du sens
Le cerveau n’aime pas les informations isolées. Il apprend mieux quand une connaissance est reliée à quelque chose de déjà connu : une expérience personnelle, un exemple concret.
Plus une information a du sens, plus elle est facile à mémoriser et à mobiliser.
6. Se tromper fait partie de l’apprentissage
Les erreurs ne sont pas un échec, mais un signal d’apprentissage. Elles attirent l’attention, stimulent la correction et renforcent la mémoire.
Éviter les exercices difficiles peut préserver l’estime de soi à court terme, mais freine l’apprentissage à long terme.
7. Dormir, c’est apprendre
Le sommeil joue un rôle essentiel dans la consolidation des apprentissages. Pendant la nuit, le cerveau trie, renforce et stabilise les informations apprises dans la journée.
Dormir suffisamment n’est pas une perte de temps : c’est une étape du processus d’apprentissage.
8. Apprendre avec un objectif clair
“Je révise” est un objectif flou.
“Savoir expliquer ce concept en 5 minutes” est un objectif mobilisateur.
Un objectif précis oriente l’attention, structure l’effort et permet de s’auto-évaluer.
9. Enseigner, c’est apprendre deux fois
Expliquer à quelqu’un oblige à organiser ses idées, repérer ses zones floues et clarifier sa pensée. Même expliquer à voix haute, seule, est déjà extrêmement efficace.
Si tu peux enseigner quelque chose, c’est que tu l’as compris.
10. Le stress bloque l’apprentissage
Un stress modéré peut stimuler la motivation. Mais un stress élevé bloque l’attention, la mémoire et la flexibilité cognitive.
Apprendre dans un climat de pression constante est contre-productif. La bienveillance envers soi-même n’est pas un luxe : c’est une condition d’apprentissage.
Apprendre est une compétence.
Et la bonne nouvelle, c’est qu’elle se travaille, se développe et s’améliore à tout âge.



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